Denis Mukwege

MAP Info : Vous venez de recevoir le prix Nobel de la paix qu’est ce que cela vous inspire ?

DM : Ma vie n’a pas beaucoup changé je suis toujours à Bukavu, la ville qui ma vu naître en 1955 et où j’ai fondé l’hôpital Panzi en République démocratique du Congo à la fin des années 1990. Le Nobel est avant tout une reconnaissance des souffrances des victimes de violences sexuelles dans les conflits, et cela me touche énormément car le monde est en train de prêter attention aux tragédies auxquelles sont soumises les femmes et les enfants dans tous les conflits armés du monde.

MAP Info : Que faites-vous dans cet endroit ?

DM : Nous opérons des femmes violées. « Il n’est plus temps de s’indigner, il est temps d’agir »

MAP Info : Pensez-vous que votre savoir faire pourrait être utile à d’autres victimes que les Congolaises

DM : Je suis maintenant sollicité en Guinée, en Centrafrique et même en Irak.

MAP Info : Pensez-vous qu’aider les victimes soit suffisant ?

DM : Plutôt que de se contenter de soigner les viols, il faut s’attaquer à leur cause, à savoir, la mal gouvernance. Je déteste l’inertie et l’inaction. A chaque fois que je me suis trouvé face à une situation inacceptable, j’ai essayé de trouver des solutions pour que ça change.

MAP Info : Comment faire évoluer positivement la situation en RDC ?

DM : J’appelle mes compatriotes à lutter pacifiquement pour la libération du Congo.

MAP Info : L’on vous reproche de reprendre à votre compte le chiffre de six millions de victimes relatifs au conflit congolais. Comment réagissez vous ?

DM : Je m’offusque qu’on ergote ainsi sur les chiffres alors que les souffrances de mes compatriotes sont si réelles. nos menons un combat juste ; toute l’aide médicale que l’on peut apporter à ces femmes est bonne à prendre.

MAP Info : Quelle message souhaitez-vous envoyer ?

DM : J’espère que le monde ne tardera plus à agir avec force et détermination pour mettre fin aux conflits armés à travers le monde