MAP Info : Bonjour Amzat Boukari qu’est-ce que la ligue panafricaine-Umoja ?

AB-Y : La Ligue Panafricaine-Umoja (LP-UMOJA) est une organisation qui a succédé en 2012 à la Ligue Panafricaine du Congo-Umoja créée en 2010.   La ligue est une organisation politique fédérale, structurée en sections territoriales présentes à travers tout le continent africain et sa diaspora.

MAP Info : En tant qu’animateur de la ligue panafricaine-Umoja, quel bilan faites-vous de vos activités ?

AB-Y : la Ligue Panafricaine se développe bien dans l'ensemble, beaucoup d'espoir sont permis.

MAP Info : Peut-on établir des priorités dans les objectifs panafricains ?

AB-Y : Se former et s'autonomiser. S'organiser et se défendre. Travailler et produire. Relever le Congo et Haïti, et tout ce qui est de l'ordre des souverainetés stratégiques (armée, diplomatie, monnaie, industries, agriculture...).

MAP Info : La concurrence généralement observée entre les organisations panafricaines peut-elle avoir une issue ?

AB-Y : Disons de manière schématique, que du fait de la domination historique, on se concurrence pour s'éliminer entre noirs et au final le noir vainqueur se retrouve isolé face aux autres groupes sociaux qui s’allient pour se partager les fruits de la victoire généralement remportée sur nous.

MAP Info : Qu'il y ait des divergences idéologiques, d'objectifs et de méthodes est en soi le signe et l'expression d'une pluralité des attentes. Peut-on envisager un moratoire entre les organisations panafricaines pour ne plus exprimer publiquement leurs divergences et des tables rondes à huis clos conduisant à communiquer sur leurs objectifs communs ?

AB-Y : Je plaide depuis longtemps pour du huis clos, je le pratique autant que possible, et la Ligue, à tort ou à raison, ne communique pas sur de très nombreuses activités réalisées justement en huis clos. C'est pour cela que nous devons relancer la tradition des congrès panafricains pour débattre en interne. Je ne peux pas et ne veux pas dire aux autres organisations ou individualités qui fonctionnent en faisant du bruit et de la polémique d'arrêter d'en faire, je peux juste leur montrer qu'on peut faire avancer le débat d'une autre manière. C'est vrai qu'en revanche, les nouveaux venus dans le panafricanisme semblent très obnubilés par la dimension médiatique et les retombées "économiques", à croire que le panafricanisme est né avec Facebook.

MAP Info : Il est vrai que les réseaux sociaux sont un formidable moyen de communication, mais vous semblez mitigé sur leur apport à la cause panafricaine.

AB-Y : Je reçois beaucoup de demandes de connexion sur les réseaux sociaux mais peu de réaction suite aux publications ne serait-ce que pour les relayer. Le partage des informations est le principal intérêt des réseaux sociaux. Je demande aux personnes qui ne sont pas dans cette dynamique de ne plus encombrer ma liste « d’ami ».

MAP Info : Pour conclure, quel message souhaitez-vous adresser à nos lecteurs ?

 

Ne soyons plus un peuple aux paupières gonflées. Nous devons arrêter de nous plaindre en versant des fleuves de larmes qui finissent dans les égouts du monde entier.  Il nous faut dépasser les colères qui nous assèchent la bouche et le cœur, nous devons boire aux sources de notre histoire et ne plus nous contenter de l'eau qui nous est vendue en bouteille à l'embouchure du fleuve.