Jacques Goba est un jeune entrepreneur Franco-Ivoirien. La foi en l’Afrique et la fierté africaine chevillée au corps, il s’est lancé dans des projets porteurs, dont celui d’United Souls, un projet e-commerce… Il s’exprime à travers le street wear pour mobiliser l’Afrique dans une unité qui lui manque tant.

Map Info : Bonjour Mr Jacques Goba, est-ce que vous pourriez vous présenter en quelques mots ?

 

JG : Je m'appelle Jacques un citoyen français d'origine ivoirienne. J'ai passé toute mon enfance  à Caen, une ville Normande dans le nord-ouest de la France.  A 20 ans  j'ai fait  un retour aux sources  africaines. Je suis resté 5 ans en Côte d'ivoire, mon pays d'origine.

J'ai curieusement subi un choc identitaire, mon accent, certainement normand,  me faisait passer pour le blanc à la peau noir. Alors qu'en France je ne cessais d'entendre : « tu n'as pas d'accent mais tu viens d'où ? »

De retour en France, je réalise  que l’Afrique francophone et la France partage une histoire commune. Et que l'usage de la même langue pour échanger  ressentir et penser crée en dépit de l'histoire des liens très forts entre les populations du sud et du nord. J'ai pris conscience que tout cela est une richesse qui mérite d'être mise en exergue ici.    

Map Info : Pouvez vous nous décrire  le  projet United Souls  ?

JG : United Souls est le projet d’une marque, utilisant le support du t-shirt pour faire passer un message fédérateur à tous ceux pour qui l’Afrique est précieuse.

Le nom United Souls, est un message d'unité pour le continent. J'entends souvent dire que le problème de l’Afrique est qu'elle n'arrive pas s'unir. Et pourtant l'unité africaine est  un fait, une réalité culturelle et intellectuelle, partagée sur le continent et à travers la diaspora.

Map Info : Qu’est ce qui vous a conduit à une telle entreprise ?

JG : Je suis un grand passionné du web, dès le début du siècle j'ai cru au potentiel du web pour les pays africains. Grâce au web j’espère que  l'africain ne sera plus obligé de passé par la case occident pour faire valoir son talent.

Je cherchais comment je pouvais a mon échelle montrer oh combien l’Afrique n'est  pas à plaindre. Peut-être un besoin d'exprimer mon africanité ?

Je me suis engagé dans divers projet web tel que www.africa-libre.com , un webzine sur l'actualité africaine, www.collectifmap.org le portail du mouvement d'action panafricain, www.kalakutaprod.org, une association de productions de musiques des deux rives de l'atlantique noir. Et www.unitedsouls.fr c’est mon projet e-commerce.  Tous ces projets web ont l’Afrique en commun

A travers www.unitedsouls.fr  je souhaite offrir un espace de création et de vie soutenu par une marque pan-africaine. Montrer que l’Afrique, tout en étant le continent noir, a levé des peuples entiers, qui ne sont pas tous noirs mais qui sont en tout point africains et qui n’hésitent pas à le revendiquer.

Map Info : Existe-t-il  des dispositifs pour faciliter, encourager et encadrer ce genre d’initiative?

Il existe en France des dispositifs d’aide à la création mais je n'en ai sollicité aucun...

Je pense que le web offre une multitude de connexion intéressantes pour celui qui souhaite se lancer dans une dynamique d'entrepreneuriat et de création. Le crowdfunding ou le financement par  la masse est un bel exemple de recherche de fond participatif pour celui qui a un projet porteur.  

Map Info : Pour conclure, quel message pourriez-vous envoyer au continent Africain et à sa diaspora ? 

JG : Humblement mon message est un message d'union au delà de nos acquis culturels. En Afrique on se pense africain et c'est moins ambigu qu'en france ou l'idéal républicain est à tort ou a raison ressenti comme antagonique à notre africanité.

A nos frères qui vivent donc déjà dans l'acceptation de leur africanité mon message est de s'unir de penser notre terre mère au delà des barrières coloniales, de telles sortes qu'avec notre travail à tous demain nos enfants puisse cristalliser l'idéal d'une Afrique libre. Le web est un des outils  de cette émancipation.

Nous avons assistés ahuris au traitement de la crise ivoirienne dans les grands médias, mais en parallèle sur la toile s'est déployé un réseau efficace de lutte contre la désinformation, animé par les africains du continent et de la diaspora. Des âmes interconnectées se sont battues pour lever le voile sur la réalité politique de cette crise et cela s'est suivi d'action concrète. Les camerounais à titre d'exemple ont fait une marche pour la souveraineté de la constitution ivoirienne. C'est cela l'idée d'une union au delà des pistes de danses.